Arpenter le canal Rideau.
Pour ce projet , nous expérimentons les méthodes engagées par Deger, Keleman, Tsing & Zhou et dans leur « Field guide for the patch anthropocene » pour produire des savoirs situés. Elles y rappellent à juste titre que » Le fait que l’anthropocène soit planétaire n’implique pas qu’il soit seulement planétaire »(1). Marche exploratoire, enquête de terrain, expériences d’observations sensorielles ou happening écopoétiques, nous permettent ainsi de questionner notre problématique à partir d’une appréhension sensible des milieux.
La faculté des sciences sociales (FSS) de l’Université d’Ottawa se situe en proximité du canal Rideau. Cette présence sur le terrain nous permet de pratiquer une forme d’immersion, d’accéder facilement aux lieux de l’étude, de rencontrer les acteurices et d’échanger avec elleux.
Un programme de recherche-création transdisciplinaire.
Le cours mêle des étudiant.es de FSS-UO en sciences politiques, anthropologie, géographie, psychologie et même criminologie. Répartis en groupes, ils se réunissent suivant la thématique/question de recherche engagée collectivement.
Pour alimenter le travail des étudiant.es, l’atelier accueille des intervenants issus de différentes disciplines artistiques et scientifiques.
Développer un art de l’attention
Nous invitons les participant.es à développer cette aptitude centrale qu’est l’observation, en cherchant par là à compenser ce qu’on a appelé une « crise de l’attention et des sensibilités (2) » pour le vivant.
Nous avons ainsi abordé l’approche sensible du vivant au travers de différents exercices d’observation qui ont permis aux étudiants d’acquérir des outils technique tout en produisant les premières versions de leur projet. Avec l’artiste Anette Hegel, il a été question d’archivage des paysages sonores. Lors d’une initiation au field recording, à la Fallow Art Farm, elle nous a transmis ses questionnements sur la durée d’existence des ambiances sonores, et de leur anthropisation : Comment les sons produits par l’activité humaine s’inscrivent dans tous les milieux jusqu’à en perturber parfois l’écologie.
Tara Lynne TiKuisis, nous propose sa lecture sensorielle du Lac Dow où elle mobilise ses sens pour essayer de retrouver l’atmosphère marécageuse dans laquelle évoluaient les constructeurs du canal Rideau au XIXe siècle. Plus de 1000 travailleurs en majorité français et irlandais ont péri lors de sa construction, notamment de la malaria véhiculée par les moustiques qui proliféraient dans la zone, bien plus encore qu’aujourd’hui. Lors de cette expérience, elle témoigne de sa difficulté à trouver un espace correspondant aux témoignages dont elle dispose, bien qu’elle finisse par trouver un très petit espace dans lequel les chants et les piqures des aèdes viennent lui évoquer ce qu’était autrefois ce lieu. Elle prend note des transformations qu’opère les infrastructures sur les ambiances et demande comment histoire et polique les produisent. En suivant ce raisonnement, on peut tenter de retracer les infrastructures et le sens des politiques sous-jacente à partir de l’analyse des émotions ressenties dans un lieu. C’est du moins l’hypothèse méthodologique qui structure ce qu’elle appelle « affective topology » et qu’elle nous engage à expérimenter.
A partir d’un temps d’observation dans le batiment FSS ou nous nous trouvons, les étudiantes sont invité.es à inventorier leurs sensations et leurs affects. A la suite de cette captation, il leur est demandé de remonter leurs liens potentiels avec le canal et les hydrosystèmes.
On prend note de la propreté et de la minéralité des espaces, d’une forme de contrôle du vivant à l’oeuvre dans l’institution et qu’on a pu observer la veille en longeant le Rideau. Simon témoigne de l’odeur de fumée qui envahit l’atmosphère, et du ciel gris qui témoignent des incendies dans les forêts de l’Abitibi. En temps que coéquipier du feu, il témoigne de l’action des avions bombardier d’eau qui se ravitaillent dans les lacs avoisinants. Eloi quant à lui s’intéresse à la verticalité des espaces dans lesquels nous nous trouvons et se questionne sur les matériaux qui la composent, celle des systèmes d’aduction et d’évacuation de l’eau qu’ils contiennent également.
Aby, Catherine et Melissa remarquent leur attraction pour le mûr vivaant situé dans le Lobby de l’immeuble. Ce mûr végétalisé a sa propre histoire. avec les toits végétalisés, il fait partie des efforts de verdissement de l’établissement que certain.es qualifieront de greenwashing. Avec son système d’irrigation microcontrollé et ses nappes de feutres ou s’infiltrent les eaux en continu, ce n’est plus ni moins qu’un canal vertical dans lequel vivent des plantes exotiques. On raconte que ce jardin de la taille d’un terrain de tennis a connu plusieurs déboires avant de « trouver son équilibre ». Les plantes jaunissaient et mourraient, ça ne sentait pas bon, il y avait des moucherons,… En prendre le contrôle ne fut pas une chose si facile. Sur les échaffaudages aériens les étudiantes regardent évoluer les élagueuses qui auhourd’hui s’affèrent à la taille et à l’entretien du jardin vertical. Cette infrastructure, comme le canal, requiert une maintenance couteuse et une attention continue pour qu’elle « fonctionne » – c’est à dire que les manières de vivre et de croitre des vivants qu’elle héberge (ou bien emprisonne) n’empiètent pas sur les modes de vies des humain.es qui s’émerveillent autrement de sa présence. On apprend également que les critiques sur l’installation ont porté sur l’origine des plantes, qui pour des raisons technique viennent de forêts tropicales. La proposition pour « indigéniser » l’ouvrage a été de faire appel à une artiste autochtone. Elle a réalisé et fait installer une structure représentant un fraisier. Cette plante très importante pour les Anishinaabeg symbolise avec ses stolons l’idée de lien dans la communauté. Melissa soulève que ce mode de reproduction végétative est également à l’oeuvre chez les Myriohylles. Elle s’interroge sur les liens que cette plante entretient ou défait dans les milieux.
Emma Stanley Gose nous propose une approche sensorielle en ethnobotanique. Sur les rives du canal en proximité du campus, les berges accueillent de nombreux arbres dont les essences variées ont été soigneusement sélectionnées. Nous y croisons des tilleuls, des genièvres, des ambroisies ou « herbes à poux », un noyer dit grenoble même si pour les français, les noyers qui poussent effectivement à grenoble n’ont pas la même forme,… qu’elle nous amène à décrire par le regard, le toucher ou l’odeur. Elle développe un récit à travers sa pratique de l’herboristerie sur les liens entre médecine du sol et médecine du corps. Là où la plante, notamment adventice pousse, elle soigne un sol perturbé. Le type de soin qu’elle offrirait au corps serait du même ordre. Nous remarquons avec elle que les connaissances de l’herboristerie canadienne
européenne porte d’avantage sur les plantes terrestres que sur les plantes aquatiques. Nous supposons de ce manque qu’il pourrait témoigner d’une forme de résistance aux transmissions de connaissances entre autochtones et colons.
Avec Charlotte Gaignon, nous faisons un écart de conduite pour suivre son ethnographie des fermes tokyoïtes et leur potentiel fertile de désordre urbain. Cette jeune docteur en anthropologie nous raconte les manières de relationner des néo-paysans japonais avec les patates douces et son emploi du collage d’images pour se les représenter. Les jeux d’accumulation, de juxtaposition ou de déplacement que permettent cette technique d’assemblage d’images hétéroclites permettent comme l’explique Feifei Zhou, co-autrice du Field guide for patchy anthropocene, de produire un savoir par empilement auquel correspond un empilement des effets féraux caractéristiques de l’anthropocène.
Elle propose aux participant.es d’expérimenter le format du fanzine, soit une feuille A4 pliée en livret dans lequel raconter et poursuivre une réflexion située sur le canal. Cette démarche apporte un découpage en séquence narrative qui à la différence d’un plan, ou d’un tableau propose au chercheur comme au lecteur d’envisager le processus d’empilement en terme de succession d’événements ou d’enchainement logique .
Raconter les histoires du canal rideau « à travers » les myriophiles en épis.
Histoire transversale /
point de vue du nuisible – fonction sociale du bouc émissaire – quel seraient les intérêts pour la collectivité d’entretenir un nuisible
invasion biologique – argument de la peur – qui vient jusqu’à intoxiquer les sciences (ex renouées (désenvouter le génie civil) motivé par un miroir déformant des comportements de prédation des sociétés impérialistes.
Colonialisme / infrastructure impériales leurs manière d’oblitérer les récits passés (les lieux auxquels ils font références ont cessé d’exister) et de rendre impossible d’autres manières d’habiter le territoire par la simplification des milieux, (rendre impossible l’accès à des qualités d’espace, mais aussi à des ressources associées à des modes de vie,…)exemple north Lake camps de chasse de Shanon chief
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Date |
Activité |
Encadrement |
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SEMAINE 1 – du 13 au 17 juillet 2026
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13 / 07 Accueil |
Accueil 9h-12h, UO: Présentations, introduction de la thématique et du fonctionnement du cours. Marche urbaine 13h30-16h30, départ d’UO : Marche exploratoire le long du Canal Rideau, cartographie des espèces végétales, identification des acteurs et actrices concerné.e.s par le myriophylle sur ce terrain, etc. |
Karine Van thuyne (KVT) + Jean-Sébastien Poncet (JSP) |
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14 / 07
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Séminaire 9h-12h, UO : Swampy Atmospheres: Dow’s Great Swamp and the building of the Rideau Canal
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Tara Lynne Tikuisis, associée de recherche, Université d’Ottawa |
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Atelier 13h30-16h30, UO : Visite guidée du musée Byward : focus sur l’histoire du canal Rideau
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KVT+JSP |
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15 / 07 |
Séminaire 9h-12h, UO: Quand le terrain déborde l’enquête : représenter les fragments multiespèces |
Charlotte Gagnon-Lewis, doctorante, Université d’Ottawa |
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Atelier de formation pratique 13h30-16h30, UO : La recherche ethnographique multiespèces critique et la recherche-création engagée
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KVT + JSP |
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16 / 07 |
Séminaire 9h-12h, UO: Déconstruire le discours sur les plantes exotiques envahissantes : histoire d’un concept écologique et leçons des Renouées |
Florence Piola (en visioconférence) |
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Atelier 13h30-16h30, UO: Reconnecter les êtres humains aux plantes – marche exploratoire autour du campus pour y identifier différentes plantes
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Emma Stanley Gose |
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17 / 07 |
Journée d’apprentissage sur le territoire 10h-16h, Kitigan Zibi
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Shanon Chief + KVT
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SEMAINE 2 – du 20 au 24 juillet 2026
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20 / 07 |
Atelier de prise de sons à la Fallow Art Farm, Kinburn, un lieu dédié à l’art rural, à l’écologie et à l’apprentissage axé sur la terre, qui sert de cadre à la création artistique, la gestion écologique, l’agriculture régénérative, l’expérimentation des matériaux et la collaboration interdisciplinaire. |
Annette Hegel, artiste
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21 / 07 |
Séminaire 9h-12h, UO : enquêtes sur les paysages culturels du canal rideau 14h-16h Formation des équipes de recherche et définition de leurs projets.
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Suzan Miller, Land Planner, Parc Canada Tyler Leslie Collins, Land use Planing, CCN Pascale Guindon, Histoire & patrimoine culturel CCN Heather Thompson commission patrimoniale nationale, River House, CCN
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22 / 07 |
suivit d’enquête de terrain et débreffage | KVT+JSP |
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23 / 07 |
AM- suivit d’enquête de terrain et débreffage – Atelier soin des berges avec Ottawa river keeper, PM – visite du centre d’interprétation de River House – CCN+Ottawa river keeper
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KVT+JSP |
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24 / 07 |
Visio 9h-12h, UO : Invasive species management on the Rideau Canal – Q & A with Parks Canada
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Susan Miller, Hilary Knack, Parks Canada, KVT+JSP |
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SEMAINE 3 – du 27 au 31 juillet 2026
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27 / 07 |
Terrain et débreffage |
KVT+JSP |
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28 / 07 |
Préparation collective de la présentation des résultats finaux |
KVT+JSP |
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29 / 07 |
Préparation collective de la présentation des résultats finaux |
KVT+JSP |
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30 / 07 |
Préparation collective de la présentation des résultats finaux |
KVT+JSP |
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31 / 07
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Présentation collective des résultats finaux à la Galerie 101 : 280 Catherine St, Ottawa |
KVT+JSP |